
La Colonie
Auteurs / Autrices
Résumé
Et si l'on inversait les rôles ? Les hommes fileraient la quenouille et les femmes établiraient des lois : le monde en serait-il mieux gouverné ? Supposons encore que maîtres et serviteurs échangent leur costume : le théâtre du monde en serait-il plus juste ? Telles sont quelques-unes des questions posées par les pièces insulaires de Marivaux : les hommes de La Colonie, comme les maîtres de L'Île des esclaves, y subissent l'épreuve du changement de condition et découvrent, en perdant - momentanément - le pouvoir, l'injustice d'un ordre social fondé sur les hasards de la naissance et du sexe. De Marivaux, on connaissait " l'anatomiste du cœur humain ", on découvre, avec les " utopies sociales ", " l'indigent philosophe " dont les idées modernes et la morale égalitaire annoncent la pensée politique des Lumières. Ni traités politiques, ni discours philosophiques, les Îles sont d'abord des comédies légères, utilisant tous les ressorts du langage dramatique avec un art sans égal de la répartie et du tempo : art du marivaudage dans toute sa richesse.
Avis et Commentaires
2 avisUn groupe d’hommes et de femmes d’un pays vaincu ont été contraints de se réfugier sur une île. Placés devant l’obligation de se donner des institutions, on doit procéder à l’élection de deux nouveaux gouverneurs de l’île : le seigneur Timagène représentera la noblesse, l’artisan Sorbin le tiers état. Mais, refusant que ces derniers ne les admettent pas au gouvernement, les femmes, qui n’acceptent plus de vivre sous la dépendance des hommes, décident d’établir des lois et prennent les hommes de court en formant leur propre comité constitutionnel. Arthénice représentera la noblesse et Madame Sorbin le Tiers état. Voulant également abolir l’amour et le mariage, considéré comme une pure servitude, on ordonne à la fille de Madame Sorbin, Lina, de ne plus voir Persinet, qu’elle aime et qui l’aime. Invitée à faire une profession de foi contre l’amour, Lina ne pourra cependant s’y résoudre. De même, Madame Sorbin fera décréter, à la colère des autres femmes qui se rebiffent, que celles-ci doivent s’enlaidir. Lorsque Arthénice et Madame Sorbin intiment aux hommes l’ordre de leur donner, sous peine de séparation éternelle, accès à toutes les fonctions qu’ils exercent, ceux-ci délégueront leur pouvoir à Hermocrate. Ce dernier imagine un stratagème afin de mettre fin au coup d'Etat des femmes. Il commande aux hommes de venir le prévenir d'une attaque de sauvages alors qu'il parlerait à madame Sorbin et Arthénice. Feignant vouloir les envoyer au combat, les femmes ne se voient pas capable d’attaquer et s’inquiètent et perdent leurs principes : Madame Sorbin dit à son mari « Va te battre, je vais à notre ménage. ». Timagène promet aux femmes d’avoir soin de leurs droits dans les lois qu’ils voteront.



















