
Mon vrai nom est Elisabeth
De Adele Yon
2025
Résumé
Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C'est à peu près tout. Les enfants d'Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n'en parlent pas à leurs enfants qui n'en parlent pas à leurs petits-enfants. "C'était un nom qu'on ne prononçait pas. Maman, c'était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c'était un non-sujet.'
Avis et Commentaires
15 avisJe l’ai juste dévorée. Ce récit protéiforme est une tornade d’informations et d’histoires tant individuelles que globale. J’ai été tenue par la gorge du début à la fin. Je me suis éprise de la manière d’écrire et de la manière de naviguer entre passé et présent et entre preuves (scientifiques et historiques) et récits. Brillant. C’est l’histoire de l’autrice qui a peur de devenir schizophrène car son arrière grand mère l’était et toutes les femmes de sa famille ont peur de cette maladie. Alors elle décide de comprendre pour vaincre la peur (au lieu de l’ignorer et de la perpétuer omg mais meilleur moyen pour guérir tu peux pas) et mène l’enquête dans sa famille pour comprendre. Spoiler (si vous voulez lire le livre vraiment ne lisez pas la suite) Elle se rends compte que sa grand mère a été une des première femme lobotomisée en France (la on a pas mal de détails historique sur la lobotomie dans la médecine en France et à l’international). Alors elle cherche à comprendre pourquoi. Enfaite c’est son marie et son père qui l’ont interné et qui ont demandé à ce qu’elle se fasse lobotomiser quand ils entendent parler de cette technique pour “calmer” les malades. Plusieurs médecins refusent parce que c’est pas une patiente qui correspond aux critères. Ils insistent jusqu’à ce qu’un médecin accepte. Et omg le patriarcat pèse sur chaque phrase du livre sans jamais être nommé (brillant). C’est révoltant. Et on comprends la colère qui s’est perpétué de génération en génération. L’histoire est sale, dégueulasse, injuste, révoltante. Et c’est tellement bien rapporté. Parce qu’on a l’impression qu’une copine nous raconte son histoire et on s’insurge presque avant elle tellement c’est choquant ce qu’elle raconte. C’est marrant mes premières sensations en lisant les premières pages c’était sur c’était encore un bouquin qui allait parler d’insecte. Jai abandonné ma théorie petit à petit tant l’histoire partait ailleurs et c’était tellement bouleversant. Le fait que les toutes dernières pages confirment ma théorie sans vraiment la confirmer historiquement et scientifiquement parlant ça m’a fait chavirer. Bref c’est un chef d’œuvre Laurine vraiment merci j’ai adoré chaque mot de chaque page.
C'est le tout premier livre écrit par Adèle Yon, c'est son sujet de thèse au sein d'un laboratoire de recherche formant artistes et designers. Elle découvre que son aïeule a été diagnostiquée schizophrène dans les années 1950, puis internée de force pendant 17 ans. Craignant de devenir folle elle aussi, elle mène une enquête familiale pour comprendre ce qu’a vécu son arrière-grand-mère Elisabeth, surnommée Betsy. Ce livre m'a plongée dans le milieu de la psychiatrie des années 40 à 50 tant dans le milieu institutionnel que familial. Adèle Yon tente de comprendre dans quelles conditions son arrière-grand-mère a été internée d'office et essaie de percer le silence familial instauré autour d'elle. Il semblerait que Betsy ne correspondait pas aux critères de l'idéal féminin de l'époque. Cela confirme bien que la psychiatrie a toujours été le parent pauvre de la médecine. Il ne me semble pas avoir trop entendu parler de santé mentale en 2025 pourtant cette année y était consacrée, cela m'afflige et me renvoie 8 ans en arrière lorsque je travaillais auprès de patients psychotiques et que je cotoyais leur détresse. Bien souvent je me demande ce qu'ils sont devenus.
Très intéressant sur la condition des femmes et sur la lobotomie fin 19e, début 20e
Le récit ne m’a pas plu
