
Là où je me terre
De Caroline Dawson
2021
Résumé
« Valparaíso, décembre 1986, tremblement de terre entre les quatre murs d'une maison. Un homme et une femme annoncent à leurs enfants qu'il faut tout laisser derrière et fuir le Chili de Pinochet. C'est Noël, la petite Caroline a sept ans et elle aura la nausée durant tout le voyage. La fillette atterrit à Montréal. En plus de la neige dehors, il y a le tapis rouge vin de l'hôtel Ramada qui accueille les personnes réfugiées en attente de papiers. Il y a aussi Passe-Partout qui semble s'adresser à elle à travers le téléviseur. Après le premier appartement à Montréal-Nord, la classe d'accueil de madame Thérèse qui lui apprend le français, les enfants qui se moquent de ses cheveux et de sa boîte à lunch, la misère des rues d'Hochelaga, il y aura tout ce temps passé dans les banques où ses parents font des ménages. Entre l'exil, les fantômes du passé et le jeu des différences, la petite Caroline camouflera sa furieuse envie de vivre pour ne plus détonner et devenir une immigrante modèle. Mais comment apprend-on à ne plus s'effacer? Peut-on embrasser une nouvelle culture sans renier ses origines? Lumineux et vivant, Là où je me terre sonde la possibilité d'aimer et de lutter sans ne plus avoir à fuir. »--
Avis et Commentaires
3 avisPremier roman de Caroline Dawson devenue québécoise après que sa famille chilienne a fui la dictature de Pinochet. L'ouvrage est divisé en 3 parties constituées de courts chapitres qui portent tous un titre évocateur souvent référencé "Dans un grand Boeing bleu de mer" pour l'arrivée au Québec bien sûr ou le drôle "Dis-moi le nom de ton cavalier" pour évoquer un exhibitionniste qui montre son pénis à la narratrice et à ses copines mortes de rire, au grand désarroi de l'instit' :) Le chapitre qui est à l'origine du titre m'a vraiment plu, il est question de sa mère humiliée par le fils adolescent de ses patrons qui lui demande de nettoyer la cuisine qu'il a salopée, elle se jure alors de rester du côté des humiliées, là où elle se terre. Il est d'ailleurs souvent question d'humiliations vécues par l'enfant qui change de classe et de culture. Le style est joliment travaillé, elle ne tombe pas dans la sociologie larmoyante à 2 balles, elle explique le sentiment de trahison avec des faits sans glose politique vaine. La prose travaillée est bien plus efficace, sinon autant écrire un discours. Les courts chapitres rendent la lecture aisée.
