La Reine de l'Arnaque - Cover

La Reine de l'Arnaque

Yunnie Moon

Yunnie Moon rated ★ 8/10

Cela faisait une éternité que je n’étais pas tombée sur un drama aussi drôle. Le dernier remonte à Fated to Love You, ce qui date un peu, donc autant dire que La Reine des L’arnaque est arrivé exactement au bon moment dans une période de ma vie où j’avais justement besoin de rigoler et lâcher prise. C’est le genre de série qui ne cherche pas toujours à se prendre au sérieux et c’est probablement sa plus grande force. L’un des éléments que j’ai le plus appréciés avec ce drama c’est la construction même des épisodes. On suit un trio d’amis qui arnaque des riches déjà bien rodés dans l’art d’arnaquer les plus vulnérables. Il y a donc une sorte de justice inversée qui donne au drama une saveur hyper satisfaisante. Chaque escroquerie se déroule sur deux épisodes, ce qui crée une dynamique rythmée et assez addictive. On retrouve un schéma qui fonctionne avec perfection : nos trois protagonistes observent leur cible, ils élaborent un plan dont on ne connaît pas tous les détails, et ils donnent souvent l’impression de se tromper ou de tomber dans un piège. On y croit, on s’inquiète pour eux… et puis surgit le plot twist final qui met tout le monde d’accord. C’est malin, c’est efficace, et ça fonctionne quasiment à chaque fois. Certes, le schéma peut devenir légèrement répétitif à la longue, mais le drama se rattrape largement grâce à ses personnages qui apportent une énergie propre à chaque épisode. C’est d’ailleurs là-dessus que la série m’a réellement séduite, elle a cette capacité à rendre son trio principal à la fois attachant, drôle et suffisamment nuancé pour qu’on s’y investisse pleinement. Je dois dire que je m’étais lancée dans la série principalement pour Park Heesoon, mon éternel Daddy séducteur. Je l’ai toujours vu dans des rôles sombres, intenses, souvent teintés de violences. Il possède un charisme brut qui fait que oui, ce genre de rôle lui va comme une seconde peau et elle est faite pour lui. Mais ici, la surprise totale car j’ai découvert un acteur transformé, presque méconnaissable. Son personnage est enjoué, dynamique, espiègle, parfois même adorable et il est surtout très solaire, loin de ce qu’il a l’habitude de nous montrer dans sa filmographie. On sent qu’il s’amuse, qu’il se lâche, et ça le rend encore plus irrésistible. Ses multiples déguisements lui permettent d’explorer tout un éventail d’expressions et de jeux, donnant presque l’impression qu’il incarne plusieurs personnages à la fois. C’est un vrai petit festival de déguisements et de personnalités, et il le porte à merveille. Guho de son côté apporte un côté plus naïve mais incroyablement plus humaine au trio. Il est celui à qui on s’identifie le plus facilement parce qu’il découvre souvent les réels plans en même temps que les spectateurs. Il est souvent mis à l’écart pour sa propre sécurité, mais sa sincérité, sa maladresse parfois charmante et son point de vue très “spectateur lambda” le rendent profondément attachant. Yirang, elle, est tout simplement fascinante. C’est le cerveau des opérations, une femme brillante, stratège, capable d’élaborer des plans complexes et de garder une longueur d’avance sur absolument tout le monde. Ce qui la rend encore plus intéressante, c’est possède une double personnalité car elle peut être joyeuse, presque enfantine, puis devenir d’une froideur clinique quelques minutes plus tard. Cette ambiguïté aurait pu être un atout incroyable, mais c’est aussi là que se situe le plus gros défaut du drama. Son personnage souffre d’une intrigue mal ficelée. En effet, La Reine des L’arnaque semble vouloir entrelacer deux intrigues majeures : celle des arnaques et celle du passé de Yirang qui est lié à son enlèvement durant l’enfance. Sur le papier, l’idée est prometteuse, car ils voulaient lier sa quête personnelle aux manipulations qu’elle orchestre aujourd’hui. En pratique cependant, les deux lignes narratives s’imbriquent mal. L’intrigue de son passé apparaît de manière décousue et c’est très souvent bâclé, car le drama se concentre bien plus sur l’intrigue de l’arnaque, donc au présent, ce qui fait que la transition entre les deux registres est souvent maladroite. On comprend ce que la série voulait raconter, mais on n’y croit jamais vraiment. Le traumatisme de Yirang est survolé plutôt que réellement exploré, ce qui laisse une impression de frustration, surtout pour un élément censé expliquer ses motivations profondes. Mais malgré cette faiblesse scénaristique, je garde un très bon souvenir de la série. Les épisodes sont drôles, les retournements bien pensés, les personnages attachants, et l’ensemble dégage une énergie tellement rafraîchissante qu’on pardonne facilement les maladresses. J’ai ri, j’ai souri, j’ai été surprise, et surtout j’ai passé un excellent moment. Et franchement, parfois, ça suffit largement à faire d’un drama une belle découverte.

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