L'Invasion des profanateurs de sépultures - Cover

L'Invasion des profanateurs de sépultures

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7,5/10

allociné logo

4,0/5

Presse

3,9/5

Spect.

Synopsis

Des habitants d'une petite ville des États-Unis sont victimes d'une étrange psychose et prétendent que des membres de leur famille ou leurs amis ont été dépossédés de leur identité…

Bande d'annonce

Avis et Commentaires

1 avis
Lucas Blandinières
Lucasa noté ★ 8/10
Il y a 3 jours

Invasion of the Body Snatchers repose sur un concept exceptionnel, extrêmement novateur pour les années 50, mais surtout parfaitement ancré dans le climat social et politique américain de l’époque. D’abord, le film porte un regard pertinent sur l’Amérique des années 50 : société de consommation, développement des suburbs, modèle familial standardisé, volonté de lisser les comportements et d’uniformiser les individus. Le film semble alors regretter cette disparition progressive de l’individualité au profit d’un modèle unique. Parallèlement, impossible de ne pas penser au maccarthysme et à la paranoïa politique des années 50. On peut alors lire le film avec deux pensées diamétralement opposées, ce qui le rend d’autant plus fascinant. D’un côté comme une critique de la chasse au communisme et de cette volonté américaine d’uniformiser les comportements et les pensées par la peur, la surveillance et la pression sociale. De l’autre, à l’inverse, comme une peur de l’infiltration de la pensée communiste aux États-Unis, avec cette idée d’une collectivité qui efface l’individu et le transforme en simple élément d’un groupe uniforme. Peu importe le camp auquel on rattache la métaphore, Don Siegel semble surtout critiquer toute forme d’uniformisation des individus et des consciences, cette volonté de “cloner” les êtres humains en les vidant de leur personnalité, de leur singularité et de leur âme propre. Ce qui rend aussi le film très moderne pour son époque, c’est la manière dont il détourne les codes du cinéma fantastique et horrifique classique. Habituellement, le monstre est extérieur, identifiable, clairement séparé du quotidien. Ici au contraire, le danger infiltre directement le foyer américain. Le monstre devient le père, la mère, le voisin, le conjoint. Le problème ne vient plus d’un ailleurs rassurant ou exotique mais de l’intérieur même de la société. C’est une idée extrêmement forte et dérangeante : le danger, c’est nous-mêmes. Sur le plan visuel, le film reste relativement sobre mais intelligemment. Les effets spéciaux ne cherchent jamais la démonstration excessive et vieillissent finalement plutôt bien. Les êtres en cours de “composition” restent très convaincants, justement parce que Siegel privilégie l’atmosphère et l’idée plutôt que la surenchère visuelle. Et l’invention des cosses végétales comme outil de duplication est franchement géniale, à la fois organique et étrange. Le dernier acte est peut-être un peu trop expéditif. Le film aurait probablement gagné à prendre dix ou quinze minutes supplémentaires pour développer une résolution ou une fin ouverte plus dérangeante. Mais même avec cette légère frustration finale, le film reste une œuvre de science-fiction brillante dans sa capacité à transformer les angoisses politiques et sociales américaines en véritable cauchemar paranoïaque.

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