L'Epouvantail - Cover

L'Epouvantail

De Jerry Schatzberg

1973

1h52

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7,3/10

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7,2/10

Synopsis

Deux hommes se lient d'amitié en partageant le feu d'une dernière allumette sur le bord d'une autoroute. Lion compte regagner son foyer, abandonné depuis quelques années. Max, tout juste sorti de prison, rentre au pays pour y monter une station-service.

Bande d'annonce

Avis et Commentaires

3 avis
Lucas Blandinières
Lucasa noté ★ 9/10
12 décembre 2024

Typiquement le genre de film dont les thématiques me touchent énormément. Ajouté à ça les performances habitées d’Al Pacino et Gene Hackman, ça donne un TRÈS GRAND FILM. On est face à un road movie assez simple en apparence, sans grandes démonstrations de mise en scène ou artifices visuels. Jerry Schatzberg adopte une approche quasi documentaire, concentrée entièrement sur ses personnages, leurs dynamiques, leur manière d’exister ensemble et leurs évolutions au fil du récit. Un ton profondément mélancolique traverse tout le film, à la fois doux et triste. Max et Francis sont deux marginaux, deux hommes longtemps coupés de la société pour des raisons différentes, mais qui rêvent malgré tout de s’y reconnecter et d’adhérer enfin à une forme de rêve américain. L’un veut retrouver la famille qu’il a abandonnée, l’autre rêve de monter une entreprise. Travail et famille, deux grands piliers censés définir la réussite et l’intégration dans l’imaginaire collectif américain. C’est précisément ce qui rend le film si touchant car ces personnages aspirent simplement à une forme de normalité, mais leurs projets ressemblent déjà à des illusions fragiles, presque impossibles à concrétiser. Le film nous fait d’ailleurs ressentir très vite qu’il est probablement déjà trop tard pour eux. Malgré leur optimisme de façade, on sent qu’ils tentent surtout de rattraper un temps définitivement perdu. Une scène particulièrement touchante du film résume parfaitement cette idée : lorsque Max veut emmener Francis déjeuner dans une sorte de retraite hippie qu’il fréquentait quelques années auparavant, ils découvrent à la place une usine froide et impersonnelle. Francis constate alors simplement que le monde change vite. Toute la mélancolie du film est là. Comme beaucoup d’œuvres du Nouvel Hollywood, Scarecrow porte un regard très fort sur les laissés-pour-compte de l’Amérique moderne, ceux qui ne rentrent pas dans les cases malgré leur bonne volonté et que le système finit par broyer. Mais le film parle aussi de la disparition progressive des idéaux humanistes des années 60 et de la défaite de la contre-culture hippie. On a presque l’impression que Max et Francis ont quitté le monde au moment où l’Amérique semblait encore portée par des espoirs progressistes et qu’ils reviennent une fois ces rêves effondrés. Ils retrouvent une société froide, grise, industrialisée, où les derniers vestiges hippies ressemblent déjà à des fantômes fatigués. L’autre immense réussite du film est évidemment la relation entre Max et Francis. Deux personnages que tout oppose au départ : Max est brutal, impulsif, persuadé que l’acharnement suffit à avancer dans la vie ; Francis est tendre, maladroit, persuadé lui que l’humour permet de survivre à tout. Peu à peu, ils vont pourtant se compléter et se sauver mutuellement. Leur amitié devient progressivement leur seul véritable ancrage. L’idée centrale du film se trouve probablement dans cet apprentissage que Francis transmet à Max : devenir un “épouvantail”, accepter d’être ridicule, faire rire les autres pour désamorcer la violence et supporter la brutalité de ce monde qui ne veut pas d’eux.

BE
Bobbya noté ★ 7/10
30 novembre 2025

Nicolas Lamorlette
Nicolasa noté ★ 6/10
5 avril 2025

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