
Plus fort que moi
Plus fort que moi
8,6/10
3,8/5
Presse4,4/5
Spect.Bande d'annonce
Avis et Commentaires
324 avisBelle histoire touchante et drôle
Kirk Jones • 2026 • 2h • Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake, Peter Mullan. Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d'abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu'il est, au-delà des préjugés... ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️ En 2019, John Davidson est décoré de l’ordre de l’Empire britannique par Élisabeth II en personne. La cérémonie se passe dans le meilleur des mondes protocolaires jusqu’à ce que l’heureux récipiendaire adresse un tonitruant « Fuck the Queen ! » à Sa Majesté. Contrairement aux apparences, ce sympathique Écossais n’est pas un antimonarchiste enragé : sa propension à insulter son prochain est, en fait, un symptôme du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) dont il souffre depuis son adolescence. Après une scolarité chaotique, John Davidson a grandement contribué à faire connaître et mieux comprendre au Royaume-Uni cette maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs, et donc vocaux, en participant à plusieurs documentaires et en animant des groupes de soutien aux enfants et aux adultes atteints du SGT. Son parcours de résilient est reconstitué dans une comédie sociale comme savent si bien les réaliser les Britanniques, où, à la manière de full monty et de Billy Elliot, les existences les moins glamours deviennent la matière d’une fiction euphorisante portée par une énergie et une bande-son d’époque (New Order, Pulp, Oasis, Fatboy Slim, etc.) qui déménagent. La leçon de vie de Plus fort que moi (titre moins percutant que le I Swear, « Je jure », original) pourra paraître un peu trop édifiante, et la dernière demi-heure aurait gagné à être raccourcie. Equilibre parfaitement dosé Mais la grande réussite du film est de parvenir à faire rire des malheurs de son personnage tout en le respectant grâce à une empathie et à une bienveillance jamais mièvres. Si la coprolalie de John déclenche souvent des moments hilarants (un entretien d’embauche où les manifestations du SGT sont décuplées par le trac, une rencontre avec une jeune « Tourette » qui vire au concours d’insultes), elle a, aussi, des conséquences tragiques — une scène glaçante de lynchage après une agression verbale mal comprise. L’équilibre entre humour, tension et émotion est parfaitement dosé, Kirk Jones parvenant même à mêler les trois dans une formidable séquence de procès. Robert ARAYAMO vainqueur surprise du BAFTA du meilleur acteur au détriment de Leonardo Di Caprio et Timothée Chalamet, y est bluffant, capable de nous tirer des larmes de rire… et des larmes tout court, quand son regard exprime la douleur d’un homme qui rêve d’avoir une vie normale tout en sachant que ce ne sera jamais vraiment possible. Fuck, quel comédien ! TÉLÉRAMA • Par Samuel DOUHAIRE • Publié le 01 avril 2026.
Génial, drôle engagée et captivant
Le film « Plus fort que moi » (titre original Swear) est un biopic dramatique britannique réalisé par Kirk Jones. Le film suit John Davidson, incarné par Robert Aramayo. Dans les années 1980, John est un adolescent écossais qui développe progressivement le syndrome de Gilles de la Tourette. À une époque où cette maladie est très mal connue, il est pris pour un provocateur ou un garçon mal élevé. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés. On suit son parcours sur plusieurs décennies : le rejet à l’école, l’isolement familial et social, les difficultés à trouver sa place, puis progressivement la reconnaissance de sa pathologie et l’acceptation. Le film montre comment John tente de vivre “normalement” malgré ses tics et ses insultes, et comment la compréhension des autres devient essentielle. C’est donc un récit de résilience assez classique, très centré sur l’humain. Points positifs : * performance d’acteur impressionnante * sujet rare et pédagogique * équilibre entre humour et drame * approche humaine et respectueuse. Points négatifs : Le film est assurément conçu pour plaire au plus grand nombre, ce qui lui donne un côté gnangnan, conventionnel, formaté : * émotions trop appuyées * volonté de faire pleurer / sourire * bons sentiments à la pelle * personnages secondaires idéalisés (la famille du copain qui l’accueille, le patron qui l’embauche et le défend avant de mourir) * mise en scène très classique et donc peu audacieuse. Le film suit une trame trop prévisible, les scènes comiques sont simplistes, et la musique de Stephen Rennicks est sirupeuse et lassante. Par ailleurs certaines scènes ne sont absolument pas crédibles : - John est hébergé chez la mère d’un copain atteinte d’un cancer en phase terminale, et qui finalement annonce avec légèreté qu’elle a été victime d’une erreur médicale - dans la foulée, John insulte involontairement une fille (à cause de ses tics), se fait violemment agresser et se retrouve à l’hôpital. Et ensuite tout s’arrange… enfin presque : - John trouve un travail mais son patron qui etait un défenseur et un allié meurt brutalement - il sort en boîte mais se bagarre et se retrouve devant les tribunaux - il obtient un appartement puis le perd car il se fait berner par un dealer. Cela devient du “misery stacking” (empiler les galères pour forcer l’empathie). Puis sans vraie montée progressive : - John gagne en visibilité - il devient une sorte de figure publique de sensibilisation - et il est récompensé par la monarchie britannique (cérémonie avec la reine du début). On passe d’une situation très dure à une reconnaissance quasi officielle… en quelques scènes. Les émotions paraissent compressées et artificielles, comme si le film cochait des cases. Le procédé est manipulateur émotionnellement et facile scénaristiquement.
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