Lucas Blandinières plans to do
Œuvre fondatrice dont l’influence dépasse largement le simple cadre du western. Difficile de ne pas être frappé, d’abord, par la puissance visuelle du film : Monument Valley n’a sans doute jamais été filmée avec autant de grandeur. Chaque plan sublime ces paysages, et la restauration ne fait que renforcer cette dimension presque mythologique. Au-delà de sa beauté formelle, c’est surtout sa modernité qui impressionne. Pour un film de 1956, John Ford propose un personnage principal d’une ambivalence rare : Ethan Edwards. Loin du héros classique, il est profondément dérangeant, à la fois raciste, violent, froid, et parfois même cruel. Il devient alors difficile de s’identifier à lui, et c’est précisément ce qui fait la force du film. Ford introduit ici une complexité morale qui tranche avec le manichéisme habituel du western classique, ouvrant la voie à toute une génération de cinéastes, notamment ceux du Nouvel Hollywood. Cette modernité passe aussi par la mise en scène. Certaines idées sont devenues iconiques, comme ces plans d’ouverture et de fermeture en miroir, cadrés depuis l’intérieur d’une maison vers l’extérieur, à travers l’encadrement d’une porte. Un choix simple en apparence, mais chargé de sens, qui encapsule à lui seul les thèmes du film : l’exclusion, l’errance, l’impossibilité de trouver sa place. Le film développe justement une réflexion plus large sur la communauté et le foyer. Il capte une Amérique en mutation, où les rapports à la famille, à l’altérité et à la société évoluent, même si certaines mentalités restent profondément ancrées. Et Ethan incarne en quelque sorte ce monde ancien qui ne parvient pas à s’adapter. Le regard porté sur les natifs américains est lui aussi intéressant. Avec notre regard contemporain, certains éléments restent maladroits, mais replacé dans son contexte, le film marque une vraie avancée. Ford leur accorde ici une dignité, une présence et une parole qui contrastent fortement avec les représentations antérieures, où ils étaient réduits à des figures hostiles et caricaturales. C’est encore imparfait, mais déjà un pas important vers une évolution du regard. Reste une petite distance liée au jeu d’acteur, parfois très marqué par les codes hollywoodiens de l’époque, qui me sort légèrement de l’expérience. Mais ça n’enlève rien à la fascination que dégage le film. A bien des égards, il semble en avance sur son temps et on comprend pourquoi il a servi de matrice à tant d’autres œuvres.
Synopsis
An American Civil War veteran embarks on a years-long journey to rescue his niece from the Comanches after the rest of his brother s family is massacred in a raid on their Texas farm.



























