L'âme noire de la démocratie
De Geoffroy de Lagasnerie
2026
Avis et Commentaires
1 avisEt s’il était temps aujourd’hui de lever le tabou de la critique de la démocratie ? De questionner l’évidence des principes de majorité, de vote, de représentation ou de souveraineté populaire, de « pouvoir du peuple » ou du parlementarisme, du débat entre des opinions départagées par une élection… ? Doit-on considérer que nous sommes arrivés à la fin de l’histoire ? Ou ne devrions-nous pas – surtout à la lumière des désastres politiques actuels – nous efforcer de rouvrir notre imaginaire pour chercher d’autres moyens, à la fois plus rationnels et plus justes, de légitimer l’acte de gouverner ? La démocratie en tant qu'ensemble de règles formelles ne dit rien du fond. Lagasnerie montre que la démocratie est le pouvoir de certains (pas nécessairement les plus nombreux) sur d'autres, et qu'elle impose des choses insupportables parfois du point de vue de la justice. Il pense que c'est un processus qui favorise la droitisation car c'est un pouvoir exercé par certains sur d'autres obtenu à l'issue d'un jeu concurrentiel. Et bien sûr, les gouvernants n'ont aucune aptitude particulière à gouverner, aucune compétence que que rhétorique. Voir Ils sont particulièrement choisis parmi les plus tordus. L'auteur cite comme exemple les conventions citoyennes où l'opinion évolue (vers la gauche) et pose la question: qu'est ce qu'une opinion si celle-ci évolue, surtout sous l'éclairage de l'expertise ? Il propose une soumission des lois à l'expertise scientifique, puisque celles-ci sont bien soumises à la conformité au droit, qui est moins consensuelle que la science. La fin évoque une possibilité d'éclatement du droit sur un même sol, convaincante. Exceptionnel.














