
Les Furtifs
Alexis Véron a noté ★ 3/10
Avis et Commentaires
31 avisRecommandé par l'IA Memorizer
Lu pendant le covid
Recommandé par Memorizer, car vous avez aimé ''.
Spécifique et lu au collège mais de bons souvenirs.
Alain Damasio, réitérant un chef d'œuvre de fiction futuriste mêlant poésie, cynisme et philosophie, invite le lecteur dans une réflexion globale sur la société autour de la place qu'occupent les technologies dans nos vies. Peignant une dystopie (ou utopie selon le point de vue ?) sous forme de villes privatisées, c'est-à-dire achetées par des entreprises leaders (ex. Paris-LVMH est le nouveau nom de la capitale). Par le biais de bagues ultra connectées, les citoyens bénéficient d'un "statut" (standard, premium, privilège) qui fait écho à la théorie des classes. Ainsi tous les citoyens n'ont pas accès aux mêmes zones de la ville ni aux mêmes infrastructures. Les bagues facilitent la vie des habitants, mais d'un autre point de vue en contrôlent tous les aspects, sans laisser une seconde de répit. C'est dans ce cadre que s'échelonne le récit de Lorca, père d'une petite fille ayant disparu deux années auparavant. Il s'engage auprès d'une unité spéciale de l'armée chargée de chasser les Furtifs, animaux métamorphes et quasi invisibles. L'histoire dresse le tableau d'une quête de recherche pour retrouver la petite fille, à travers des paysages dépeints comme connectés à outrance, mais aussi les luttes contre le pouvoir et le techno-cocon, thème récurrent de Damasio. De sa plume très littéraire, la critique acerbe de Damasio alterne entre parallèles évidents de luttes écologiques et politiques actuelles, ainsi que réflexions plus philosophiques mettant en parallèle furtifs qui échappent à tout contrôle et une société dont la raison d'être est justement une mainmise sur les lieux/idées/relations humaines. Au-delà du fond, très politique, le roman développe aussi une narration mobilisant le son et la musique. Toujours avec un style hors du commun, l'histoire s'écrit avec le point de vue de plusieurs personnages, chacun leur personnalité propre et reconnaissable, ainsi que par l'utilisation de changements de temps lexical, rendant un sentiment confus d'incompréhension parfois. En conclusion, la critique évidente de la société surtechnologique fait parfois des personnages des porteurs de critique trop clichés, empêchant l'attachement à certains personnages. Toutefois la réflexion biologique, politique, philosophique et écologique en fait une œuvre majeure de science fiction engagée, très réussie.



















