
Une vie
Avis et Commentaires
36 avisLe 2 mai 1819, Jeanne, qui a 17 ans, quitte le couvent de Rouen, où elle est entré à l’âge de 12 ans (elle est la fille unique du baron Le Perthuis des Vaux et d’Adélaïde) et regagne avec ses parents le château des Peuples qu’elle est heureuse de retrouver (ancienne propriété familiale en Normandie où elle a passé son enfance). Elle passe la première nuit à la fenêtre de sa chambre à rêver au clair de lune: elle attend un prince charmant dont « elle savait seulement qu’elle l’adorerait de toute son âme et qu’il la chérirait de toutes ses forces ». Une vie d’insouciance et de liberté commence. Jeanne passe ses journées à lire, à rêver et à goûter aux joies de la nature. Un après midi, l’abbé Picot vient faire une visite de courtoisie au château. Il évoque incidemment le vicomte Julien de Lamare : jeune, libre et noble. Le baron accepte de le recevoir un jour prochain. Le dimanche suivant, la baronne et sa fille vont à la messe. L’abbé Picot s’empresse de leur présenter Julien de Lamarre. Les 2 femmes sont conquises. Un soir un pêcheur travaillant pour le baron propose à Jeanne et Julien une promenade en mer jusqu’à Etretat. Pour la première fois ils échangent des propos intimes. Le soir Jeanne repense à cette journée et aux sensations nouvelles qu’elle a ressenti et se prend à rêver d’un avenir idéal avec lui. Les jours passent. Un jour la famille est invitée au baptême d’un voilier appelé Jeanne. Jeanne et Julien en sont le parrain et la marraine. L’ambiance est à la fois solennelle est festive. Jeanne, très émue, a sa main dans celle du jeune homme. Le père de Jeanne lui annonce que Julien lui a demandé sa main. Jeanne « étranglée par l’émotion » accepte. Le mariage est fixé au 15 août, les jeunes gens s’échappent de la soirée pour goûter qq instants de complicité mais Jeanne refuse de se laisser embrasser. La nuit de noces offre à Jeanne ses premières désillusions car Julien la possède avec brutalité puis s’endort grossièrement. Jeanne médite choquée et désenchantée. Selon les vœux de Jeanne, les jeunes mariés partent en corse en lune de miel. Avant leur départ, la baronne remet sous les yeux de Julien une somme de 2000 fr à Jeanne. Le traversée pour la corse est un grand moment de bonheur pour Jeanne. Mais t’es vite Julien se montre irascible et avare. Lors du retour en Normandie, les mariés s’arrêtent à Paris. Jeanne demande l’argent que sa mère lui a donné mais Julien ne lui donne que 100 fr. Jeanne est contrariée par cette attitude mesquine et inquiétante. Retour au Peuples. La vie de Jeanne est monotone et se dit que le bonheur désiré est déjà du passé. Julien décide d’abandonner le lit conjugal et Jeanne le regarde maintenant comme un étranger. Il règne en despote et se montre perfide, vaniteux. Souhaitant fréquenter la noblesse locale, il fait peindre de nouvelles armoiries sur la calèche familiale. Ils rendent des visites de courtoisie à l’aristocratie locale (les Briseville, une famille hautaine mais sans envergure). Les parents de Jeanne quittent les Peuples pour passer l’hiver dans une de leurs résidences à Rouen. Jeanne et Julien vivent désormais seuls. La servante Rosalie, sœur de lait de Jeanne, est à leur service et met au monde un petit garçon dont elle souhaite taire le nom du père. Julien au nom de la morale, souhaite sanctionner Rosalie en la renvoyant, mais Jeanne s’y oppose. Par une sinistre nuit d’hiver, Jeanne, malade, appelle Rosalie qui ne l’entend pas. Elle découvre alors sa domestique dans le lit de son mari. Elle s’enfuit prête à se suicider sur la falaise. Elle est rejoint par son mari et ramenée chez elle dans un état de profonde prostration. Ses parents sont rappelés à son chevet. Jeanne tente de se confier à eux mais il la croit victime de son imagination. Le médecin de famille apprend à Jeanne qu’elle attend un enfant. L’abbé Picot tente d’apaiser la situation et de réconcilier des époux. Rosalie est évincée et le prêtre promet de lui trouver un époux à condition qu’elle lui offre une dot assez importante. Jeanne vit une grossesse sans joie. Un après-midi Julien et Jeanne, reçoivent la visite des Fourville, une famille de la noblesse locale. Jeanne sympathique avec la jeune femme. En juillet 1820, Jeanne accouche dans de terribles souffrances. Déçu par le mariage, elle reporte toute son affection sur son fils et éprouve pour lui un amour excessif. En contrepartie d’une dot de 20 000 Fr, un paysan, Désirée Lecoq accepte d’épouser Rosalie et de prendre en charge son enfant. Dès que Jeanne s’est remise de l’accouchement, le couple rend visite aux Fourville qui les reçoivent chaleureusement. Au printemps, suivant les deux couples effectuent ensemble plusieurs sorties à cheval. Puis Jeanne découvre que Julien est l’amant de Gilberte de Fourville. À la douleur de l’infidélité de son mari, s’ajoute la déception d’avoir été trahie par la comtesse. Les parents de Jeanne viennent passer quelques jours au Peuplés. La baronne Adélaïde a beaucoup vieilli et est très faible, elle meurt quelques semaines après son arrivée. Durant la nuit de la veillée funèbre, Jeanne trouve dans les papiers de la défunte des lettres, prouvant que sa mère a entretenu une liaison durable avec un ami de la famille alors qu’elle était mariée. De peur que son père ne trouve cette correspondance compromettante, Jeanne brûle ces lettres. Son idéalisme de jeune femme est une nouvelle fois blessé. La vie monotone reprend au Peuples. Paul, le fils connaît de graves problèmes de santé et Jeanne a très peur de le perdre. Elle souhaiterait avoir un autre enfant mais elle se sent tellement loin de son mari. Elle se confie à l’Abbé Picot qui promet d’intercéder pour elle auprès de Julien. Jeanne tombe enceinte et attend son second enfant. L´abbé Picot est remplacé par Tolbiac, un jeune mystique intransigeant, qui ne tarde pas à découvrir que le vicomte est l’amant de Gilberte de Fourville. Il ne le supporte pas et dénonce cette liaison à Jeanne et demande d’avertir le comte de Fouville. En vain. Un autre jour, M. de Fourville vient au Peuples, très troublé et demande sa femme. Il part à sa recherche et découvre sur le bord de la falaise, une roulotte où s’est réfugié le couple adultère. Ivre de colère, il précipite la roulotte du haut du ravin. Gilberte et Julien sont tués. L’enquête conclut à un accident. Le même jour, Jeanne, accouche d’une fille mort-née. Deux années s’écoulent depuis la mort de son mari. Paul, sa seule consolation grandit aimé et choyé de tous. À 15 ans, il est envoyé en pension au collège du Havre où il poursuit des études très médiocre au grand désespoir de sa famille. Puis il fait une fugue à Londres et se contente d’écrire annonçant régulièrement sa venue prochaine et demandant à chaque fois de l’argent. Le baron meurt. Jeanne se retrouve seul. Après 24 ans d’absence, Rosalie, en pleine forme, revient s’installer auprès d’elle. Jeanne a pardonné à Rosalie. L’ancienne servante ne tarde pas à découvrir l’épouvantable situation financière de sa maîtresse. Ruinée, Jeanne est contrainte de vendre le château des Peuples. Avec Rosalie, elle se retire dans une modeste demeure à Bateville, emportant quelques souvenirs du château de son enfance. Jeanne tente vainement de revoir son fils. Elle lui envoie une lettre éplorée. La réponse de son fils la blesse car il lui annonce son mariage avec une créature que Jeanne n’a jamais estimé. Elle effectue un voyage à Paris pour tenter de le retrouver mais elle ne retrouve que des créanciers. Elle revient seule et triste à Bateville. Jeanne se cloître dans la solitude et ressasse vainement ses vieux souvenirs, elle vieillit prématurément. Elle retrace sa vie à partir de vieux calendriers retrouvés au grenier. Un jour Rosalie lui propose d’effectuer une visite rapide au Peuples: Jeanne est folle de joie et savoure les souvenirs qui lui reviennent. De retour à Batteville, une lettre lui apprend que la femme de Paul est gravement malade. Jeanne accepte de prendre soin de leur petite fille. Rosalie va la chercher à Paris et la ramène chez Jeanne ce qui semble redonner un sens à sa vie.
Schéma amoureux dans la campagne normande Jeanne qui tombe de haut avec son mariage trop rapide, sa non prise de position. Elle accepte la vie, se laisse vivre, dépérir. "elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s'apercevant pour la pre-mière fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu'à l'âme, jusqu'au fond des pensées, qu'elles mar-chent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l'être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie."



















