Le dérèglement du monde
Marie laure Guidi a noté ★ 10/10
Avis et Commentaires
3 avis- les victoires trompeuses. Paradoxe à la chute de l’URSS : l’occident a imposé son modèle et par là même il a perdu. Faillite morale notamment. Discussion autour de la volonté et l’echec d’instaurer un modèle démocratique dans certains pays du monde arabe. Notamment : rejet total de l’argument « ces peuples n’étaient pas prêts -> c’est tout le contraire (exemple des élections massives en Irak malgré les risques d’attentats). Position nuancée sur les rapport coloniaux : position de puissance évidente mais pas de complaisance avec certains dictateurs. Exemple intéressant des Mandéens, civilisation millénaire sur le point de s’éteindre en Irak : monde arabe incapable de tolérer aujourd’hui ce qu’il tolérait il y a 50 ans ; monde occidentale où la barbarie n’est pas faite d’intolérance et d’obscurantisme mais d’arrogance et d’insensibilité. Dès qu’un gouvernement cherche à régler un problème, il le trouve relié à cent autres, qui relèvent de domaines différents, et qui se dérobent à son influence. Disgrâce de deux croyances opposées : d’abord le rôle de l’état après la chute de l’URSS. Mais le pendule est allé trop loin : il revient et l’on remet ajd en question la croyance à l’infaillibilité du marché. Partie 2 : Légitimités égarées - légitimité d’héritage (sunnites vs chiites) puis légitimité combattante. - exemple d’Atatürk en Turquie, suivi par Amanullah en Afghanistan et par Reza Kahn en Perse. - Rôle de Faycal : utopie d’un royaume arabe, accueillant par ailleurs les juifs en Palestine (document signé par lui et Weizmann, futur premier président israelien, en 1919). Mais les vainqueurs de la 1ere GM se partagent Syrie Liban (France), Palestine Transjordanie Irak (Angleterre). - proclamation Israël 1948. Défaite arabe 1949. En moins de 4 ans les signataires de l’armistice (Egypte, Jordanie, Syrie) perdent le pouvoir ou la vie. - comparaison Nasser vs Mandela sur l’importance des symboles. Notamment Mandela qui prend le the avec la veuve de son ancien ennemi - tentative de Nasser de créer un état arabe (avec la Syrie, l’Irak dont les capitales étaient les capitales historiques des omeyyades et des abbassides) en 1963. - paradoxe du Liban qui ne participe pas à la guerre contre Israël en 1967 (au contraire de l’Égypte la Syrie et la Jordanie), décision rationnelle mais qui a plongé le Liban dans une perte de légitimité et dans la tourmente politique. - paradoxe de la légitimité, à nouveau, avec Sadate qui réussit en oct 73 à repousser Israël (guerre du Kippour) mais qui rétrospectivement n’est pas vénéré comme Nasser. « Les peuples sont reconnaissants à celui qui leur offre l’épopée, le rêve, l’admiration des autres, et un brin d’orgueil. » - deux univers politiques parallèles depuis les échecs du nationalisme arabe et la chute du communisme : l’un apparent mais sans adhésion populaire, l’autre souterrain et disposant d’une popularité certaine, mais incapable d’assumer durablement les responsabilités du pouvoir. Les certitudes imaginaires - idée que la papauté est un élément qui a manqué à l’islam. L’existence d’une entité conservatrice permet d’enregistrer de manière irréversible le progrès. - « nous vivons une époque où chacun se sent contraint de faire flotter au vent l’étendard déployé de ses appartenances, et de signaler qu’il a bien vu l’étendard de ses interlocuteurs » - le passé est moins important pour les peuples « vainqueurs » qui n’en ont pas besoin pour conforter leur estime de soi. - Paris pascalien version changement climatique Épilogue - métaphore de l’alpinisme avec la tentation du précipice, de la paroi et du sommet.



















