Le journal d’un corps
Rachel Peloux a noté ★ 7/10
Quelle lecture étrange ! Pas un journal intime (bien que construit de la même façon avec ses dates), bel et bien celui d’un corps. Lecture physique comme le poids de ce livre 📕 qu’on manipule difficilement, qu’on ne lit pas n’importe où ni dans n’importe quelle position sachant qu’il pèse… un âne mort ! Rien n’y est tu des aléas de notre machine, tout y passe des découvertes jusqu’à la lente désagrégation des 86 ans de bon fonctionnement. Et c’est cette fin qui est la plus émouvante. C’est aussi peut-être l’effet miroir : lire ce qu’est un corps à partir de l’âge qu’on a pour comprendre ce qu’il risque/va devenir. C’est presque flippant. On ne saura finalement rien vraiment de qui est ce narrateur et pourtant cela touche à l’universalité. Les dessins de Larcenet sont horribles souvent, grossissant un membre, faisant éclater le sang 🩸 en noir et blanc… c’est une lecture marquante de notre machine. Et comme le narrateur, j’aimerais qu’une femme écrive le journal d’un corps, parce qu’il y aurait tant à dire de différent.