
Enfin seule
Bettina Beneventi envisage de faire
Avis et Commentaires
23 avisL’autrice met des mots sur les maux que les femmes (seules) subissent. Lauren Bastid dépeins ici, contrairement au cliché de la vieille fille ou de la pauvre veuve, une solitude choisie et apaisée. Cet enfin solitude comme elle l’appelle, permet de sortir de la dissonance cognitive imposee aux femmes depuis des siècles. Elles qui portent le poids du monde sur leurs épaules sans jamais avoir le droit au repos, au calme et à la solitude réparatrice. Dans le premier chapitre 1 Lauren Bastid nous montre comment les femmes depuis la renaissance ont été muselées et surveillées par les hommes, que ce soit leur pere, leur mari dans la sphère privée ou au sein même de la sphère publique et politique. L’autrice nous montre ensuite comme cette longue surveillance sociétale a été internalisee par les femmes qui encore aujourdhui se jugent et se scrutent même seule, même loin du regard des hommes, même déconstruire face au injonction du système patriarcal. Mais la solitude des femmes peut prendre différents visages et elle a malheureusement longtemps été une solitude imposée et subie. Des femmes cloîtrées entre les 4 murs d’une maison dans l’attente du mari et des enfants, sans libre arbitre et sans porte de sortie. On découvre ensuite des pistes pour sortir concrètement de cette emprise et de cet enferment mental et societal. Lauren Bastid propose de se créer sa cabane (même si elle l’admet il s’agit ici d’un privilège et d’un confort qui n’est pas permis à toutes). C’est un lieu ouvert sur le monde, sur la nature, sur les autres, dans la partage et l’échange. Mais un lieu aussi pour se retrouver, méditer, lire, écrire, créer, se soigner et se parler à soi même. Car après un chapitre sur le voyage solitaire, on comprend que la vraie voie d’une solitude apaisée c’est aussi de retrouver sa voix. Se parler et s’apporter confiance et réassurance. Si on sait revenir à soi, comme on revient à un parent aimant après une après midi à jouer avec des copains (re parenting chez les Anglo saxons) on peut partir explorer le monde et les autres en acceptant une part de risque (la perte, la déception, la dépendance affective) Et à la fin on se demande si toutes ses femmes brûlées ou lobotomisees parce « folles » n’étaient pas en plein syndrome post-partum, épuisée, ou simplement trop libres et trop indépendantes ?










