
L'homme qui plantait des arbres
Clarisse Brisset a noté ★ 7/10
Avis et Commentaires
25 avisC’est court, c’est beau, c’est émouvant sans jamais être mièvre. La langue de Giono est précise, sensorielle, presque tactile : on sent l’odeur de la terre, le vent sur les collines, le bruissement des jeunes feuilles. On ressort de cette lecture avec l’envie irrésistible de planter quelque chose, ne serait-ce qu’un arbre, ou simplement de croire un peu plus en la capacité d’un individu à faire le bien.
Une dimension tellement actuelle dans une nouvelle écrite en 1953.
En Provence, dans une région aride et sauvage, un berger solitaire plante des milliers d'arbres. Au fil des ans, les collines autrefois nues reverdissent et les villages désertés reprennent vie. Voici l'histoire d'Elzéard Bouffier, le silencieux, l'obstiné, celui qui réconcilie l'homme et la nature. En 1953, le magazine américain The Reader's Digest demanda à Giono d'écrire quelques pages pour la rubrique bien connue «Le personnage le plus extraordinaire que j'aie jamais rencontré». Quelques jours plus tard, le texte, tapé à la machine, était expédié, et la réponse ne se faisait pas attendre : réponse satisfaite et chaleureuse, c'était tout à fait ce qui convenait. Quelques semaines passèrent, et un beau jour Giono descendit de son bureau. Son visage reflétait la stupéfaction. Il venait de recevoir une deuxième lettre du Reader's Digest, d'un ton bien différent de la première : on l'y traitait d'imposteur... Giono trouvait la situation cocasse, mais ce qui dominait en lui à l'époque, c'est la surprise qu'il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu'il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination...



















