
Rio Bravo
Synopsis
Après un meurtre, le shériff John Grant arrête Joe Burdette et l'enferme dans une cellule en attendant l'arrivée du prévôt des États-Unis. La prison est gardée par ses deux adjoints, Dude, un alcoolique et Stumpy, un vieillard estropié. Mais dehors, Nathan Burdette, son frère, et sa bande se réunissent et attendent patiemment le moment favorable pour attaquer la prison et libérer Joe...
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
27 avisRio Bravo est assez fascinant dans sa manière de transformer un récit extrêmement simple en une œuvre de 2h20 qui ne lasse jamais une seconde. L’intrigue pourrait tenir en une heure, un homme est emprisonné, son frère tente de le faire libérer et menace le bureau du shérif ainsi que l’équilibre de la petite ville. Mais Howard Hawks se sert finalement de cette trame comme d’un simple prétexte pour s’attarder sur autre chose : les personnages, leurs interactions, leurs failles, leurs évolutions et la vie de cette communauté. Le film est un western en chambre, on voit assez peu l’extérieur à l’exception de la main street de la ville, mais donne la sensation d’un western de réclusion. En effet, la prison est au centre du récit et une grande partie du film se déroule dans des espaces clos, des pièces parfois exiguës où les personnages cohabitent, discutent, se testent et apprennent à se connaître. L’intrigue criminelle reste constamment présente en arrière-plan, mais elle ne domine jamais le film de manière oppressante. Hawks ne cherche pas à instaurer une tension permanente ou un suspense pesant. Ce qui compte avant tout, c’est le plaisir d’être avec ces personnages. Très vite, on finit presque par se sentir nous-mêmes intégrés à cette petite communauté. C’est d’ailleurs ce qui rend le rythme du film aussi remarquable. Le temps semble flotter. Les jours et les nuits s’enchaînent, il y a des ellipses, mais jamais une réelle sensation d’urgence ou de deadline imminente. On avance simplement avec les personnages, porté par une immersion naturelle. À l’intérieur du western classique, Hawks mélange aussi énormément de registres : drame, romance, comédie, action, récit de rédemption… et tout cohabite avec une fluidité impressionnante. Le film passe constamment d’un ton à l’autre sans jamais se déséquilibrer. J’ai particulièrement aimé la prestation de John Wayne ici. Il conserve son aspect un peu rustre et sûr de lui, mais le personnage est beaucoup plus tendre et empathique que certains de ses rôles dans les westerns tardifs de John Ford. Derrière son entêtement et sa difficulté à exprimer ses émotions, on sent quelqu’un de sensible, soucieux des autres et profondément attaché à une idée du bien commun. Dean Martin est lui aussi formidable. Son personnage dégage énormément de charisme mais aussi une vraie fragilité, ce qui le rend immédiatement attachant. Son arc autour de la confiance retrouvée et de la rédemption est probablement un des plus beaux du film. On retrouve aussi Angie Dickinson qui apporte énormément de grâce et de sensibilité au récit. Son personnage devient progressivement la seule personne capable de réellement faire vaciller émotionnellement John Wayne. Leur relation est une part essentielle du récit, elle est à la fois drôle, tendre, piquante et étonnamment moderne dans sa dynamique. Le casting secondaire complète parfaitement cet équilibre. Ricky Nelson apporte une certaine fraîcheur tandis que Walter Brennan est largement responsable de l’aspect comique du film, avec une présence immédiatement attachante. Ce qui est fort, c’est aussi la simplicité apparente du film. Il aborde énormément de thèmes — la communauté, la loyauté, l’entraide, l’amitié, la confiance en soi, la rédemption ou encore l’amour — mais toujours avec une grande accessibilité. Chacun peut y projeter ce qui le touche le plus, et c’est typiquement le genre de film qui révèle de nouvelles nuances à chaque revisionnage. Il faut mentionner cette fabuleuse parenthèse musicale autour du morceau "My Rifle, My Pony and Me", probablement une des séquences les plus mémorables du film. La voix de Dean Martin, les backs de Ricky Nelson, la guitare, l’harmonica… tout dégage une douceur et une sincérité incroyables. La scène suspend complètement le récit pendant quelques minutes mais renforce encore davantage l’attachement à cette petite communauté et à ses personnages. Le dernier acte est parfaitement maîtrisé. Hawks y mélange action, humour et émotion avec une fluidité totale, avant de conclure sur un final chaleureux et satisfaisant. HUGE MOVIE.
Alors Rio Bravo… putain celui-là il a vraiment quelque chose. Tu sens direct que c’est pas juste un western classique, y’a une vraie ambiance, presque cosy par moments alors que ça parle de mecs enfermés à attendre que ça pète. John Wayne toujours aussi solide, mais là ce que j’ai kiffé c’est surtout Dean Martin… son personnage est cassé, alcoolique, mais il essaye de remonter la pente et ça se voit dans chaque scène, c’est hyper humain. Et Ricky Nelson apporte un truc plus léger, un peu naïf mais pas con non plus. Le délire du shérif coincé avec une équipe bancale dans le bureau, ça marche de ouf. Ça parle beaucoup, ça prend son temps, mais t’es jamais vraiment décroché parce que t’as envie de voir comment ils vont tenir. Et la relation entre les persos, c’est ça le cœur du film, pas les gunfights. Par contre faut pas mentir, y’a des moments où ça tire en longueur… genre vraiment. Mais bizarrement ça m’a pas dérangé plus que ça, parce que t’es dedans, t’es avec eux, presque comme si tu faisais partie du groupe. Et la scène avec la musique là… inattendue mais ça donne un côté chill, presque hors du temps, j’ai trouvé ça stylé même si ça casse un peu le rythme. Bref, c’est un western posé, pas explosif, mais avec des personnages ultra solides et une ambiance qui reste. Clairement un classique, même si ça plaira pas à tout le monde et que ça avance pas toujours vite]
Le plus grand western de john Wayne !!
5.5/10
🎬 Howard Hawks nous livre un étonnant cocktail de genres, le western bien évidemment, mais aussi des moments de comédie. John Wayne trouve ici l’un de ses plus beaux rôles, l’homme droit, valeureux, professionnel, d’apparence dure mais en réalité proche et affectueux avec ses hommes, maladroit et pataud avec les femmes. Dean Martin, en alcoolique en instance de repentance, y trouve sans doute son meilleur rôle aussi. Walter Brennan, en viellard boiteux est excellent, quant à Angie Dickinson, elle apporte un peu de fraîcheur dans ce monde de brutes. Le film est captivant et est brillamment réalisé. 🎬 🎬 🎬


























