Synopsis
Province de Gyunggi 1986. Le corps d'une jeune femme brutalement violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour. Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...
Regarder en ligne
Avis de la communauté
Les spectateurs sont captivés par 'Memories of Murder', louant son mélange habile de tension et d'humour, sa mise en scène impeccable et la profondeur de ses thèmes sociaux et politiques. Malgré une ambiance parfois lourde, le film est salué pour sa capacité à maintenir l'intérêt avec des personnages bien développés et une intrigue qui tient en haleine, culminant dans une fin ouverte qui laisse une impression durable.
👍 Mise en scène magistrale et tension palpable.
👎 Fin ouverte peut frustrer.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
398 avis« Memories of murder » m’avait été présenté comme un grand film, un classique à voir et assez reconnu dans le monde du cinéma. le film met en oeuvre une série de meurtres qui se déroulent précisément toujours de la même façon : une femme qui disparaît la nuit, les temps de pluie et la couleur d’un vêtement. Le meurtrier est parfaitement méticuleux dans sa proposition et enchaîne les crimes que les inspecteurs n’arrivent jamais à anticiper suffisamment tôt pour les contrer. alors, comme dans tout bon film d’enquête, on théorise, on réfléchit, on tente de deviner qui serait le coupable idéal, celui qu’on ne soupçonne pas, jamais le premier accusé, peut-être même l’ami de l’inspecteur le plus proche. Tous les suspects défilent dans notre tête comme une évidence, et alors quelle tristesse de découvrir la fin de ce film ! spoiler : Pas de réponse. Nous finissons avec une frustration innommable et je ne la vis pas d’une façon agréable, comme le fait qu’il peut y avoir quelque chose à interpréter derrière tout ça. Bien sûr, la morale semble toute droite : certains mystères subsistent toujours sans que nous ne sachions jamais ce qu’il en était. le film nous entraîne sur le point de vue de l’enquêteur principal, tiraillé entre un besoin urgent de découvrir la vérité et un besoin de mettre cette histoire derrière lui. Enchaîné par sa frustration, incapable de se défaire d’une forme de culpabilité et d’un sentiment d’inaction, la proposition démontre comme il est difficile de rester sur quelque chose d’inachevé. Que ce soit pour le personnage ou pour nous. le dernier regard face caméra peut être interprété d’une milliers de façon. Peut-être que le réalisateur cherche à nous dire que le coupable pourrait être partout et qu’il pourrait même être l’un de nous. Nous pouvons l’interpréter comme nous le souhaitons mais le fait est et reste : nous n’obtenons jamais le fin mot de l’histoire et ce n’est pas comme un genre de plot twist satisfaisant lorsque deux heures se sont passées. Nous partageons la même frustration que le personnage et je pense précisément que c’était l’objectif. soutenu par de bonnes performances, notamment celle de Song Kang-ho, une colorimétrie assez froide, avec des couleurs ternes, qui créent une ambiance lugubre et contenante, une dynamique globalement assez bonne malgré des moments qui traînent parfois un peu sur la longueur mais tout de même cette déception qui reste et qui aurait pu faire toute la différence : 15/20.
Je me suis fait spoil. Quelle allégresse de voir que, malgré tout, on se prend au jeu. Des scènes lourdes et humoristiques à la fois, qui font de ce réalisateur l’un des meilleurs.
Dès la première scène, un enfant joue dans un champ, la caméra est calme, presque banale. Puis le corps d’une jeune femme est découvert dans un fossé. Cette opposition entre l’ordinaire et l’horreur traverse tout le film. Le mal n’arrive pas dans un décor spectaculaire : il surgit dans les champs, sous la pluie, au bord des routes. 1. Les scènes de crime : le chaos permanent Les lieux des meurtres ne sont jamais sécurisés. Les policiers, les passants, les enfants marchent dans les champs, piétinent les preuves, déplacent les corps. À plusieurs reprises, on voit les enquêteurs arriver trop tard, courir dans la boue, glisser, crier. 👉 On se souvient notamment de ce corps retrouvé après une pluie battante, les vêtements trempés, la radio qui grésille à côté — déjà une scène brouillée, contaminée, irrattrapable. Ce désordre visuel crée une frustration : le spectateur comprend très tôt que la vérité est déjà perdue. 2. Park Doo-man et ses « intuitions » Park Doo-man est convaincu qu’il peut reconnaître un criminel en le regardant dans les yeux. Il parle souvent de son “instinct”, de sa capacité à “sentir” les choses. Il frappe les suspects, les humilie, les force à signer des aveux. On se souvient particulièrement de la scène où un suspect est battu dans les toilettes, pendant qu’un autre policier bloque la porte. 👉 Ces moments ne sont jamais héroïsés : ils sont filmés de façon sèche, presque gênante. La violence devient routinière, administrative. 3. L’arrivée de Seo Tae-yoon : l’espoir méthodique Quand l’inspecteur Seo arrive de Séoul, le film semble promettre une amélioration : Il mesure les distances. Il observe les blessures. Il collecte des indices. Il croit en l’analyse ADN. Il y a cette scène précise où il reconstitue le crime dans les champs, marchant lentement, comptant ses pas, essayant de comprendre le trajet du tueur. Mais peu à peu, son calme se fissure. Les preuves sont contaminées, les laboratoires sont dépassés, l’ADN met des années à arriver. 👉 La modernité arrive trop tard dans un système déjà cassé. 4. Le faux coupable : l’homme simple L’un des moments les plus douloureux du film est l’arrestation du jeune homme handicapé mental, obsédé par la musique et les femmes. Les policiers le forcent à avouer en lui dictant mot pour mot ce qu’il doit dire. Il répète mécaniquement, sans comprendre. 👉 Cette scène est insupportable parce qu’on voit clairement : que la police sait qu’il est innocent, mais qu’elle a besoin d’un coupable. La vérité devient secondaire face à la pression politique. 5. Le motif de la pluie et des nuits rouges Les meurtres ont lieu les nuits de pluie, quand une chanson passe à la radio. Cette idée obsède les enquêteurs. Il y a cette scène marquante où ils attendent sous la pluie, cachés, espérant surprendre le tueur — mais rien ne se passe. Ils observent un homme marcher seul, puis un autre, puis encore un autre. 👉 Le film installe un doute permanent : le tueur pourrait être n’importe lequel de ces hommes ordinaires. 6. La scène du tunnel / des rails Vers la fin, Seo devient incontrôlable. Il traque un suspect près d’un tunnel ferroviaire. On se souvient de cette tension extrême, du train qui passe, du bruit assourdissant, de la boue, du regard de Seo qui hésite entre tirer ou non. 👉 C’est le moment où le policier rationnel est prêt à devenir un meurtrier sans preuve. 7. La fin : le regard qui hante Des années plus tard, Park Doo-man est devenu représentant de commerce. Il retourne par hasard sur le lieu du premier meurtre. Une petite fille lui dit qu’un homme “ordinaire” est venu regarder le fossé, peu de temps auparavant. Quand Park se tourne vers la caméra, son regard n’est plus celui d’un policier, mais celui d’un homme vide, hanté. 👉 Ce regard semble demander au spectateur : « Et si tu l’avais croisé, toi aussi ? »
Film d'auteur complexe. Fin ouverte.
Noté 7/10 par Peter Manjai
Polar maîtrisé, le film brille par son atmosphère lourde et sa mise en scène précise. Bong Joon-ho dépeint une enquête chaotique portée par des policiers faillibles, loin des clichés héroïques. Le mélange de tension, d’absurde et de critique sociale fonctionne remarquablement bien. Le rythme parfois irrégulier peut freiner l’immersion sur la durée. Reste un film marquant, plus centré sur l’échec humain que sur la résolution du mystère
Recommandé par l'IA Memorizer



















