
Le Flingueur
De Michael Winner
Synopsis
Un tueur professionnel à la solde d'une organisation criminelle choisit un jeune successeur qu'il initie aux finesses du métier. Cette initiative lui réservera de désagréables surprises…
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
3 avis1973 Amazon prime
Film très inspiré par Le Samouraï de Jean-Pierre Melville sorti quelques années auparavant, on sent une filiation directe. On y retrouve cette fascination pour le tueur à gages solitaire, ultra professionnel, méthodique, presque abstrait dans son rapport à la violence. Arthur Bishop incarne cette figure froide et millimétrée, un homme qui a fait du meurtre un métier, vidé de toute émotion apparente. Cependant la relation entre Arthur et Steve donne au film une épaisseur supplémentaire. Ce n’est donc pas qu’un récit de tueur à gages, mais aussi une histoire d’apprentissage. Arthur est un professionnel usé, en bout de course, solitaire depuis trop longtemps. Steve, au contraire, est jeune, ambitieux, sûr de lui, presque arrogant. Leur relation fonctionne à la fois comme un passage de relais et comme une forme de lien père/fils de substitution. Arthur, responsable de la mort du père de Steve, cherche inconsciemment à se racheter, à transmettre, à se réhumaniser. Steve, lui, trouve en Arthur une figure d’admiration qu’il n’a jamais eue. Le duo Bronson / Jan-Michael Vincent fonctionne très bien, porté par un charisme certain et un style très marqué. La mise en scène est globalement solide, notamment dans tout ce qui touche à la surveillance, aux repérages et à la préparation des contrats. Il y a aussi un vrai soin apporté aux décors : villas luxueuses, intérieurs design, paysages urbains et naturels élégamment filmés. Le film pose par ailleurs un regard intéressant sur l’ambiguïté des figures héroïsées. Ces personnages qui ont fait usage du meurtre mais qui restent pour autant reconnues et admirées. Il interroge en creux notre rapport à la violence : selon le statut, le cadre et la justification, le meurtre devient acceptable, voire fascinant. Cette ambiguïté morale est questionnée à un moment du récit. En revanche, le film porte aussi le poids de son époque. Certaines séquences ont mal vieilli, notamment les poursuites en moto ou les combats de judo, assez ridicules, et ce style crée souvent une distance émotionnelle. L’action comme les affects restent par conséquent souvent contenus, voire figés. Le climax est cependant efficace : la mission sur le bateau, la poursuite dans les collines napolitaines et la fusillade finale sont bien construites, tendues, et redonnent un certain élan au récit. La conclusion, surtout, est particulièrement réussie. Steve tue Arthur, persuadé d’avoir pris le dessus, mais Arthur avait tout anticipé. En bon professionnel, il avait prévu sa propre fin et laissé un dernier piège mortel. Cette double mort, après une relation presque affective, vient refermer le film sur une note tragique et amère : trop jeune, trop vaniteux, trop sûr de lui, Steve n’a pas compris que dans ce monde, l’expérience et les garanties restent les seules véritables armes. "Dead sure or dead".
🎬 La deuxième des six collaborations de Michael Winner avec Charles Bronson. Arthur Bishop est un tueur à gages d'un genre un peu particulier dont la spécialité est de laisser croire à la mort accidentelle de ses victimes. La scene d'ouverture est magistrale. on y découvre Charles Bronson au cours d'une mission d'assassinat particulièrement captivante, 14 minutes sans parole. Le film est assez efficace et nous entraîne dans des aventures mouvementées. La mise en scène de Michael Winner nous permet de ne jamais décrocher et les dernières scènes sont très réussies. Un rôle sur mesure pour Charles Bronson, que l'acteur porte à merveille avec sa gueule burinée et son charisme. 🎬 🎬 🎬








