Eegah - Cover

Eegah

De Arch Hall Sr.

1962

Horreur

1h32

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6,0/10

imdb logo

2,3/10

Synopsis

Les adolescents tombent sur un homme des cavernes préhistorique, qui se déchaîne.

Avis et Commentaires

1 avis
Charly H.
Charlya noté ★ 6/10
1 novembre 2024

Souvent considéré comme l'un des pires films jamais réalisés, comme quoi Ed Wood n'avait pas le monopole, "Eegah", réalisé par Arch Hall Sr. aux côtés de son fils, Arch Hall Jr., la débutante Marilyn Manning et Richard Kiel, dont c'est le premier rôle au cinéma, va obtenir notoriété en étant cité dans le livre de 1978 "The Fifty Worst Films of All Time". Mais, est-ce que ce film de 1962 est vraiment si mauvais ? Et comment a-t-on pu le laisser alors être produit ? Fort du succès financier de "The Choppers", film policier de 1961 naviguant dans le genre drive-in/délinquance juvénile réalisé par Leigh Jason mais surtout écrit et produit par Arch Hall Sr. (qui y joue aux côtés de son propre fils, Arch Hall Jr., dans ce rôle principal de Jack "Cruiser" Bryan, leader de ce gang adolescent qui terrorise une petite ville), ce dernier, ancien cascadeur hollywoodien mais surtout habile escroc/publicitaire (en témoigne le coup de publicité autour du film "The Last Time I Saw Archie" de Bill Bowers, compagnon au sein de lUS Air Force de Hall, où Robert Mitchum y joue un certain... Archie Hall, déclaré trop vieux pour piloter des chasseurs, mais trop inexpérimenté pour piloter des bombardiers : je vous laisse voir le film) décide de créer pour son fils, Arch Hall Jr., un personnage Elvis Presley look-a-like qui permettra à son rejeton de pousser la chansonnette, celui-ci ayant connu récemment un certain succès avec son ami de lycée Alan O'Day (futur auteur-compositeur de chansons pop à succès dans les seventies) sur la scène rock'n'roll à Los Angeles : le duo allant également assurer le son -O'Day (non crédité) allant être le monteur musical- de ce film ici chroniqué. Produit par la société californienne de Hall Sr., Fairway-International Pictures (qui, au-delà d'etre le domicile des Hall, servira plusieurs fois de décors : comme l'appartement des Miller), et coécrit avec Bob Wehling ("Wild Guitars" deja coécrit avec Hall, mais aussi et surtout beaucoup de "Zorro") de quoi parle, donc, ce "si mauvais film" : Un soir, une jeune américaine, Roxy Miller, manque de percuter un gigantesque homme des cavernes dans le desert ! Elle en parle à son petit ami et son père, un écrivain de livres d'aventure, qui décide de rechercher cet homme des cavernes... Lorsque son hélicoptère ne revient pas, Roxy et son musicien de boyfriend partent à sa recherche dans le buggy de ce dernier... Le soir même, Roxy est enlevée par cet homme des cavernes, Eegah !! Réalisé par Arch Hall Sr. (sous le pseudonyme de Nicholas Merriweather mais crédité comme acteur dans le rôle de Robert Miller, ce paternel aventurier, sous le nom de William Watters) ce film de série B -destiné au marché des drive-in- puise dans le schlock-horror (films d'horreur à petit budget dits de "pacotille", avec des intrigues excessivement sensationnelles, des effets spéciaux sordides, des monstres... de pacotille, et peut-être un peu de gags immatures, bien que comiques, sans rapport avec l'intrigue) et anticipe les comédies pour jeunes des sixties, les "beach party", films de fête sur la plage dans la langue de Molière. Veillant à ce que son film, Arch Hall Jr., avec ou sans Deke Lussier (futur auteur-compositeur et producteur de disques très respecté chez Motown Records : Deke Richards), puisse y interpréter des chansons rock'n'roll, dont "Vicky" et "Valerie", Senior précède effectivement l'un des futurs élément-clé du succès des "Beach Party movies", ces comédies à petits budgets où des adolescents (qui à l'epoque faisaient si majeurs, mais aiment tout de même la danse, le surf, les courses de dragsters, les voitures personnalisées, la musique, etc) se retrouvent plongés dans des intrigues simples et idiotes, avec des arcs romantiques simples. des chansons originales et des groupes musicaux destinés aux adolescents (se produisant souvent eux-mêmes. Mince, alors, je viens de résumer les dessins animés "Scooby-Doo"... ou plutôt, non, quasiment la colonne vertébrale du succès surprise d'American International Pictures (AIP), "Beach Party", en juillet 1963, et un peu des scènes de ce film, "Eegah" : Arch Hall Jr., dans ce rôle du joli chanteur blond au sourire Colgate Tom Nelson, est amoureux de la belle Roxy Miller (fille d'Arch Hall Sr. dans ce film), incarnée par l'étoile filante du cinéma des sixties Marilyn Manning (uniquement deux films après celui-ci : "Le Sadique" de James Landis en 1963, toujours avec Arch Jr. pour partenaire, et "What's Up Front!" de Bob Wheling mais toujours ecrit et produit par Hall Sr. en 1964), qui vient ici secouer ses jolies formes dans son bikini (vintage aujourd'hui), dans l'eau de la piscine ou non, et faire tourner bien sûr la tête de notre gigantesque homme des cavernes, Eegah. Le budget fauché de "Eegah" pouvant rapprocher ce film des films low-cost, qu'ils soient "nudies softcore" ou les futurs premiers films gore (dont il est le père et le Pape), de Herschell Gordon Lewis : "Living Venus" (1961), récit fictif basé sur l'histoire de Hugh Hefner et les débuts de "Playboy", "Daughter of the Sun" (1962), "Goldilocks and the Three Bares" (1963), première (et à ce jour la seule) comédie musicale nudiste, pour ce qui concerne ces collaborations sans culottes avec David F. Friedman, mais aussi ces films qui vont suivre "Blood Feast" (1963), "2000 Maniacs!" (1964), etc. Même si les cadavres de ces (futurs) films gore sont bien plus réussis que la famille de notre pauvre Eegah. Mais, oui, à l'instar d'Ed Wood cité plus haut, et qui réalisait des cimetières avec rien ou des soucoupes volantes avec n'importe quoi, Arch Hall Sr. fait comme il peut : si son fils joue dans son film (en vedette), sa propre maison devient celle de son personnage, dans ce film où d'autres, sa femme Addalyn Faye Pollitt, apparait comme figurant en arrière-plan ou acteur de caractère, quand son assistant caméraman sur ce film, Ray Dennis Steckler, y apparaît dans le rôle de M. Fischer, l'homme de l'hôtel qui est jeté dans la piscine... Film tombé dans le domaine public, "Eegah" existe en de multiples versions vidéo (autonome ou dans le cadre de collections multifilms) mais fait ainsi également partie des films diffusés par la chaîne Drive-in Movie Channel (pépite de perles cinématographiques), ce qui m'a permis ainsi de découvrir le tout premier film de Richard Kiel dans le rôle de ce gigantesque homme des cavernes, Eegah. Né en septembre 1939, celui qui sera surnommé "le gentil géant" mais surtout connu pour le sourire carnassier et métallique de Jaws (Requin) dans deux James Bond, "L'Espion qui m'aimait" (1977) et "Moonraker" (1979), aura traîné ses 2m18 dans différents jobs : vendeur d'aspirateurs en porte-à-porte, ou de parcelles de cimetière, et videur de boîte de nuit... qui va lui permettre de rencontrer Arch Hall Sr. et lui ouvrir la porte d'une arrière-cour de Hollywood : Kiel allant apparaître dans de nombreuses séries télévisées des années 60 aux années 80 : Laramie (« Street of Hate », 1961), I Dream of Jeannie , The Rifleman (« The Decision », 1961), Honey West , L'Île aux naufragés , The Monkees , Daniel Boone , Emergency!, Starsky & Hutch , Le Pays des disparus , Simon & Simon , Kolchak : Le Traqueur de la nuit et L'Homme qui tombe à pic... Mais, des scènes de ce jeune acteur débutant de 22 ans, répétant très régulièrement "eegah" (qui sera le nom qui lui est donné et le titre du film) dans ce film, celle où son personnage fait pendre sa langue et lèche la mousse à raser qu'a étalé sur son visage la belle Roxy Miller (Marilyn Manning), dans sa très courte robe, pour se mettre cet homme des cavernes dans sa poché même si elle n'en a pas et pouvoir le fuir avec son père, ne restera dans les annales du cinéma que comme une des plus dégoûtantes dit-on dans l'un des pires films du cinéma dit-on aussi. Oubliable ? Oui. Risible ? Oui. Si horrible ? Je me le demande encore... Personnellement, "Eegah" est un de ces petits films au très faible budget qui se voit et en fait un film fauché des sixties au charme désuet, et pas uniquement pour les bikinis ou robes de Marilyn Manning, actrice teintant ces sympathiques 92 minutes d'un certain érotisme sous-jacent dont je reste surpris de ne pas avoir connaissance de parodie plus pornographique. Objet cinématographique à voir au moins une fois.

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