Synopsis
John a perdu tout son argent. Il rencontre Sydney et tous deux partent pour Reno. Sous la tutelle de Sydney, John devient un joueur professionnel. Il tombe également amoureux...
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Prime Video
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Bande d'annonce
Avis et Commentaires
13 avisPremier film assez remarquable pour un jeune Paul Thomas Anderson de 26 ans qui délivre une œuvre déjà pleine de maîtrise et de singularité. On sent évidemment certaines influences, notamment un héritage très scorsesien dans l’ambiance, les couleurs et certains cadrages, mais malgré cela une vraie personnalité se dégage déjà du film. On aperçoit déjà les prémices de la patte PTA qu’il renforcera par la suite. Ce qui frappe aussi, c’est la qualité de l’écriture des personnages et de la direction d’acteurs. On voit quasiment naître sous nos yeux ce qui deviendra plus tard la “famille PTA”, avec Philip Seymour Hoffman, John C. Reilly et Philip Baker Hall. Ce dernier est d’ailleurs absolument fascinant dans le rôle de Sydney, personnage magnétique dont la simple présence suffit à capter l’attention. Samuel L. Jackson apporte lui aussi énormément au film avec un personnage plus fantasque et bavard, un peu sous influence Pulp Fiction de Tarantino, mais toujours très convaincant. Gwyneth Paltrow complète parfaitement cet ensemble avec son personnage qui paraît d’abord très doux et fragile avant de révéler progressivement des zones plus complexes et inattendues. PTA montre aussi déjà de très grosses qualités de mise en scène. Toute la construction de cet univers des casinos du Nevada fonctionne admirablement bien. Le film dégage constamment une sensation d’enfermement, presque de huis clos, renforcée par ces intérieurs sombres traversés de néons et de lumières artificielles agressives. Il filme le monde du jeu comme un environnement oppressant, vicié et profondément malsain, mais sans jamais tomber dans un misérabilisme pesant ou démonstratif. L’un des aspects les plus fascinants du film reste cependant sa capacité à captiver sans réellement reposer sur une intrigue forte. Le récit semble flotter pendant une grande partie du temps, avançant presque sans direction précise, et pourtant on reste complètement happé. C’est justement ce flottement qui intrigue, on ne sait jamais vraiment où le film va, quels sont les véritables enjeux ou encore qui est réellement Sydney. Le personnage est au cœur de cette fascination. Tout au long du récit, on cherche à comprendre ses motivations profondes. Est-il réellement ce bon samaritain que le film semble nous présenter au départ ? Ses intentions sont-elles aussi nobles qu’elles en ont l’air ? Le film distille quelques éléments sur son passé, notamment ses enfants qu’il ne voit plus, ce qui laisse penser qu’il tente peut-être inconsciemment de reconstruire une forme de cellule familiale de substitution à travers John et Clémentine. Cela donne à sa relation avec eux une dimension paternelle forte, parfois très touchante. Et même lorsque le film finit par révéler une partie de son passé et de ses secrets, Sydney conserve toujours une grande part de mystère. C’est probablement ce qui rend le personnage aussi fort car même en partie “démasqué”, il garde cette classe, cette assurance et cette opacité qui le rendent captivant jusqu’au bout.
















