
La Chasse - Cruising
De William Friedkin
1980
Policier / Suspense
1h42
La Chasse - Cruising
De William Friedkin
1980
Policier / Suspense
1h42
7,3/10
5,0/5
Presse3,7/5
Spect.Synopsis
La police new-yorkaise enquête sur deux meurtres d'homosexuels appartenant à la tendance sado-masochiste, qu'elle pense être dus au même tueur. Le capitaine David Edelson, chargé de l'affaire, propose à un jeune policier en uniforme, Steve Burns - qui possède les caractéristiques physiques des victimes - d'infiltrer la communauté gay. Comme il ambitionne de devenir "enquêteur", Steve, voyant la possibilité d'une rapide promotion, accepte, en dépit du danger qu'il encourt.Installé dans un appartement de Greenwich Village, Steve fréquente toutes les nuits les lieux de rendez-vous homosexuels : bars, discothèques, boîtes de nuit, jardins publics. L'assassin, habillé d'un blouson de cuir à pièces métalliques cliquetantes, porteur d'une casquette de motocycliste et le visage dissimulé derrière des lunettes de soleil, frappe par deux fois encore..
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
14 avisPolar radical et dérangeant, qui flirte par moments avec le registre horrifique. On y retrouve pleinement la patte de William Friedkin avec la mise en scène tendue, l’approche sensorielle et ce goût prononcé pour les zones troubles du psychologique. Le film nous embarque, à travers le regard d’Al Pacino, dans une infiltration au cœur du milieu gay SM new-yorkais des années 70. Le décor est remarquablement posé : un univers nocturne, fermé, parfois extrême dans ce qu’il donne à voir. On évolue dans un New York sombre et hostile où la violence semble toujours prête à surgir. Au-delà de l’enquête, Friedkin semble vouloir capter quelque chose de plus large : le portrait d’une communauté marginalisée, méprisée, mal protégée voire violentée par les institutions, en particulier la police, et donc particulièrement vulnérable. Le film suggère que ces espaces deviennent des zones de non-droit, où les crimes peuvent se multiplier dans une relative indifférence. Mais ce qui rend le film vraiment fascinant, c’est sa manière de brouiller les repères. Très vite, les frontières deviennent floues, les visages se ressemblent, les figures se confondent, et le spectateur comme le personnage principal, se perd dans cette enquête. Cette désorientation est volontaire et trouve son aboutissement dans un final profondément ambigu. Friedkin laisse planer un doute persistant sur l’implication même du personnage de Pacino : est-il simplement marqué par son immersion ou a-t-il été transformé plus profondément ? Serait-il lui même impliqué dans les meurtres ? Cette logique trouble est renforcée par le dernier plan, qui renvoie directement au premier, l’Hudson River. Rien ne semble avoir réellement changé. La violence persiste, le ou les tueurs restent insaisissables malgré un semblant de résolution, et le malaise demeure donc intact. On a la sensation d’avoir tourné en rond, comme si le film refusait toute résolution. Al Pacino, dans un registre plus contenu qu’à son habitude, est très juste. Il laisse progressivement apparaître une perte de repères, une fragilité croissante, comme si l’infiltration finissait par fissurer sa propre identité. Cette évolution, discrète mais tangible, participe grandement à l’étrangeté du film. Une proposition à la fois brutale et violente, à la fois opaque et inconfortable, habilement menée et qui marque. Je ne sais pas comment le film a été perçu à sa sortie mais je trouve qu’il reste encore aujourd’hui un objet assez hardcore, que ce soit dans la représentation explicite de la violence ou dans celle des pratiques sexuelles. Une proposition à la fois brutale et violente, à la fois opaque et inconfortable, habilement menée et qui marque.
Traverser la communauté gay pour arriver à une fin inattendue.
🎬 Un thriller réalisé par William Friedkin, qui explore le milieu gay new-yorkais des années 1970 à travers une intrigue de meurtre. Al Pacino y joue Steve Burns, un policier infiltré dans les clubs S&M gay pour attraper un tueur en série ciblant des hommes homosexuels. À mesure qu'il avance dans son enquête, Burns commence à perdre pied et à douter de sa propre identité, ce qui alimente l'intrigue et le suspense du film. William Friedkin, déjà célèbre pour des films comme "L'Exorciste" et "French Connection", a voulu explorer la psychologie humaine à travers une approche brutale du thriller policier. Pendant le tournage, le film a été fréquemment interrompu par des protestations et des manifestations. Des membres de la communauté LGBTQ+ locale tentaient de perturber les prises en tournant des projecteurs sur les plateaux ou en utilisant des sifflets pour perturber l'audio. Aujourd'hui le film est vu avec un certain recul historique, tant comme une œuvre de son époque que comme une tentative de mettre en lumière un univers rarement représenté au cinéma à l'époque. 🎬 🎬 🎬
Al pacino le coquinou, il cachait bien son jeu













